La Pair-Aidance chez BLS

Pascale Urbain, elle-même pair-aidante est une « avant-gardiste » de cette pratique envers les victimes de violences sexuelles.

Alors que la Pair-Aidance commence tout doucement à s’introduire sur la toile du secteur de la santé mentale, au sein de l’ASBL Brise le Silence, la pair-aidance s’est établie officiellement en 2015 comme une évidence absolue dans son dispositif d’accompagnement et fait aujourd’hui l’état d’une pratique rodée et bien ancrée au sein des missions.  

 

L’association, telle qu’elle est organisée sur base du fonctionnement de la pair-aidance envers l’aide aux victimes de violences sexuelles, est la seule dans la partie francophone du pays. Tous les entretiens et les activités de l’association sont encadrés par deux « animatrices » ; ce binôme complémentaire est toujours composé d’une psychologue et d’une pair-aidante.

Le Binôme
Psychologue - Pair-aidante

La fonction "Psy"

La fonction « psy » permet d’apporter des appuis plus théoriques sur certains états et processus derrière des ressentis tels que la mémoire traumatique, la dissociation, l’état de stress post-traumatique, etc.

Mais aussi, d’apporter des informations d’ordre légales, juridiques ou du réseau existant.

 

Ces éléments s’établissent au fur et à mesure de l’évolution des demandes et des besoins des bénéficiaires. 

Session de psychologue

La fonction "Pair-aidante"

L’autre fonction de la pair-aidante peut offrir la possibilité d’aller plus loin là où la psychologue est déontologiquement plus limitée.

 

La pair-aidante peut mettre des mots sur des ressentis en résonnance à son propre vécu, à son intimité. Cela doit toutefois pouvoir observer des règles déontologiques et éthiques importantes pour garantir au mieux un accompagnement de qualité dans le respect le plus optimal possible.

 

En effet, il est à éviter de prétendre à une telle responsabilité sans avoir en ressources recul et reconnaissances d’un trajet vers un certain rétablissement. Cela s’accompagne aussi d’une « valise à outils » chargée de savoirs, compétences et acquis qui balisent ensemble ce qui est nécessaire et fait « pair » entre le cadre et les bénéficiaires.

La pair-aidante, comme la psychologue, travaille sur base de ce que les bénéficiaires amènent ; ce sont eux (elles) qui sont au centre de leur démarche.  Les supervisions/intervisions et les questions de respect de l’équilibre entre distance et proximité sont fondamentales.

 

Aussi, l’équipe fait corps et est particulièrement attentive aux limites de chaque pair-aidante. Certains entretiens vont s’effectuer avec plus de résonnance que d’autres ; l’objectif principal est que l’accompagné(e) puisse avoir le sentiment qu’il est possible d’être dans le partage de tels vécus et que dans ces échanges, il/elle reçoive la force d’une combinaison qui lui permette de se sentir accueilli(e) et compris(e) dans le respect total des limites de chacun(e).

 

Ce dispositif garanti donc un cadre où les bénéficiaires peuvent se sentir en confiance et soutenu(e)s. Ils/elles peuvent s’appuyer sur la force de ce binôme psychologue et pair-aidante qui se complète pour leur apporter une réponse la plus « globalisée » possible par rapport au(x) traumatisme(s) vécu(s).