Historique

Historique

En 2012, Pascale Urbain crée un compte Facebook anonymement sous le pseudo "Brise Le Silence" pour écouter et conseiller des personnes victimes de violences, de viols ou d'agressions sexuelles. Elle passe de nombreuses heures à écouter et échanger avec ces personnes. Elle témoigne de sa propre expérience en tant que victime d'abus sexuels lorsqu'elle était à l'école primaire. Elle constate que de plus en plus de personnes victimes la contactent quotidiennement et que le fait d'apporter son témoignage l'aide également à tenir le coup psychologiquement.


C'est une démarche qui entraînaient de nombreux échanges et partages, il y avait un climat de confiance, de la compréhension et de la solidarité. Grâce à des formations en psychologie et des activités thérapeutiques en parallèle, elle est parvenue à retirer du positif de son histoire et à redistribuer et partager des notes d'espoir sans nier les conséquences et les difficultés rencontrées dans son parcours de vie.

C'est pour se protéger de l'agresseur de son enfance qui vit en liberté et en toute impunité, et pour ne pas mélanger sa vie privée avec son action d'entraide qu'elle utilise le pseudo "Brise Le Silence". Lorsque Facebook suspend son compte comme elle n'utilise pas sa vraie identité, Pascale Urbain refuse de laisser tomber tout ce qu'elle a construit au fil des années.  Elle sort de l’anonymat et décide de briser le silence avec son vrai nom.


En mars 2015, à l’âge de 50 ans, avec l'aide de quelques personnes, elle crée l'ASBL Brise Le Silence, afin que les victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques puissent s'exprimer grâce à des groupes de parole et des ateliers d’écriture. L'équipe bénévole propose à cette époque, des activités complémentaires et ne se substitue pas au travail des autres psychologues, psychothérapeutes, médecins et psychiatres assurant le suivi individuel des participantes. 
Durant l’été 2015, les participantes sont invitées à une nouvelle activité : les ateliers artistiques.

 

Pascale Urbain nous explique la raison d'être de son association à travers quelques extraits de son témoignage :
 

"Lorsque j'étais à l'école primaire, j'ai subi des abus sexuels répétés, je suis donc une victime de violences sexuelles"

Je ne vous cache pas que tous ces mots étaient difficiles à prononcer : viol, violences sexuelles pour moi.
Lorsque j'étais enfant, je n'ai rien compris.
À l'époque, le sujet était très "TABOU". Quand j'ai eu le courage d'en parler, il était trop tard. Il y avait prescription !
C'est réellement quand je me suis décidée à sortir du silence que j'ai eu le déclic. C'était libérateur !"

 

"Le principal est d’exprimer ce qui fait souffrir à l’intérieur de soi-même, ce qui fait mal."
On n'oublie pas, on apprend à vivre avec et souvent, on vit avec.

Certaines personnes victimes se présentent comme des survivantes. Je ne pouvais pas me présenter comme ça sinon je savais que je ne vivrais jamais et je voulais vivre.

Cet instinct de survie provenait peut-être du fait que j'avais perdu un jumeau dans le ventre de ma maman et pour ma part, je pensais déjà avoir survécu lors de ma naissance.

Pourquoi suis-je restée dans le silence ? . . .
"Je n'osais pas m'exprimer car je pensais être seule.
Je me sentais sale, coupable, honteuse, je pensais que l'on ne me croirait pas.
J'avais perdu confiance en moi et n'avais plus d'estime de moi."

 

Les conséquences sur la vie sont si importantes sur le plan psychologique, physique, émotionnel et sur la santé, souvent avec un énorme impact dans le parcours scolaire et/ou professionnel, dans les relations sociales, de couple, familiales.

Je raconte mon parcours du combattant aux personnes qui me le demandent.

Même si parfois, j'ai des souvenirs d'une enfance profondément triste qui se cachait derrière un énorme "sourire", d'une adolescence "garçon manqué" et d'un âge adulte où reviennent parfois mes vieux démons et cette prison intérieure invisible pour les autres. Je ne dirai jamais que c'est facile, j'ai dû travailler beaucoup sur moi-même mais ça vaut la peine d'essayer de s'en sortir car la vie vaut la peine d'être vécue.


À l’association Brise Le Silence, nous vous proposons une aide individuelle ou de groupes afin de trouver votre propre moyen d’expression et à venir échanger, partager et communiquer avec des personnes qui ont un vécu dont les conséquences sont très similaires.

Il est important de trouver un sens à sa propre histoire et de se reconstruire avec l’espoir de vivre un avenir meilleur ! 

« L'essentiel est de vivre sa vie, de se sentir bien avec soi et en soi, de trouver le bonheur par soi-même, ce qui permet ensuite de le partager avec d’autres. »


J'ai dû suivre beaucoup de formations afin de comprendre mon propre parcours et ensuite, pour apporter une aide plus pointue aux victimes de violences. Outre les formations sociales dans les années 80, un diplôme de Graduée en secrétariat en 1995, des formations en psychologie en 2012 et en Victimologie par Muriel Salmona en 2015, sur Formationpsy par Christophe Herbert de en 2016, j'ai obtenu mon Diplôme Universitaire en Victimologie et Psychotraumatologie en 2017 (Diplôme reconnu par l'Université Paris Descartes) et j'ai suivi la formation de pair-aidance à l'Umons en 2018. Je pense qu'on apprend tous les jours, que chacun peut apporter quelque chose à l'autre : expérience, compétence, solidarité, un sourire, une écoute, de la bienveillance et je vous laisse continuer votre liste.

J'ai accompli des choses qui me tenaient à cœur : J'ai malgré tout... rencontré l'homme qui est devenu mon mari et nous avons eu un fils. Si on m'avait dit cela en 1992, j'aurais répondu que c'était impossible ;-)

J'ai trouvé ma mission de vie : Brise Le Silence !

Cependant, je dois garder du temps et de la disponibilité pour mon mari et pour mon fils que j'aime plus que tout au monde. Je les remercie de tout mon cœur.